Les règles, atroce passage féminin obligé. Tragique destinée d’un utérus en développement. Douloureux mécanisme d’assainissement. Désagréable provocation de symptômes annexes…
Les règles… Cauchemardesque annonce de maman à sa petite fille.
J’avais 7 ou 8 ans quand, devant une énième pub Tampax ou Vania (ça remonte), posant une énième fois la question « mais maman à quoi ça sert ? », pensant entendre une énième « je t’expliquerais plus tard ma puce » que ma mère répondit en fait « hé bien, tu vois ma chérie, quand tu seras grande, une fois par mois tu saigneras de la choupinette ».
DRAME. EFFROI. PLEURS.
- Mais… Mais… j’veux pas avoir mal à la choupinette, j’veux pas perdre du sang !
- Mais cela ne fait pas mal (menteuse), c’est normal, c’est pour accueillir un bébé
- J’veux pas de bébé (ça fait 17 ans, j’ai toujours pas changé d’avis)
- Arrête de pleurer ma fille, t’as encore le temps.
Ouais. T’as le temps. Pis ta mère va t’acheter une glace et t’y pense déjà plus. T’en entends encore parler 2/3 fois autour de toi, à l’école, à la télé mais tu n’y fais pas attention. Jusqu’à tes 12 ans. T’as mal au ventre, tu larve sur le canapé, tu sais pas trop ce qui se passe, tu te dis que t’as trop mangé. Pis tu veux pisser, chose normale en soit. Tu vas aux toilettes, baisse ta culotte et là.
DRAME. EFFROI. TREMBLEMENTS.
Ca y est. ELLES sont là. Ca y est. Tu es une GRANDE FILLE. Ca y est. Tu vas toi aussi utiliser des ALWAYS. Oh ça y est. Tu as l’âge de faire l’amour avec des garçons. Euh comment on fait l’amour à un garçon ? Ouais, parce qu’à mon époque, à 12 ans on était pas aussi dépravé que les jeunes de maintenant. Bref, petite fille devient grande et se souvient de quoi faire lors de la survenue de ce phénomène.
Passons les mois d’adaptation et venons-en au mensonge.
Rappelez-vous : « mais cela ne fait pas mal ».
OUAIS C’EST CA.
T’as juste mal au ventre, au dos, aux jambes, parfois à la tête et quand t’es plus grande, aux seins (enfin si t’as eu de la chance de les voir pousser). Tellement mal que tu tiens à peine debout, tu te tords et tu te plies, tu peux rien faire, bref… Pis alors les gens autour de toi, comme s’ils n’avaient jamais su ce que c’était les premières années de règles, te disent « c’est que quelques mauvais jours dans le mois à passer. ». Mais NON. Pas au début, c’est quelques jours à passer tous les 15 jours, parfois toutes les 3 semaines et oh, si les dieux de la chance t’aiment bien, oui tous les mois.
PIS D’ABORD…
Comment ça se fait que tu te tords comme ça et pas ta mère ? Ou certaines de tes copines ? (ouais ça tu t’en rends compte vers 14 ans). Et là on te dit « bah moi je prends la pilule ». Ah. Merci de prévenir. Alors toi aussi tu veux prendre la pilule. Et là, t’as papa qui devient rouge, maman qui reste dans son coin :
- 14 ans et tu veux la pilule ? PUIS QUOI ENCORE ? OMG MA FILLE EST UNE TRAINEE
- Euh, c’est-à-dire que je veux juste ne plus…
- COMME SI A TON AGE ON DEVAIT AVOIR DES RELATIONS SEXUELLES ! CA VA PAS ! D’AILLEURS QUI C’EST-CE FILS DE P**** ?
- Non mais j’veux pas coucher, juste…
- C’EST LE VOISIN C’EST CA ? CHERIE JE T’AVAIS DIT QUE C’ETAIT PAS NET QU’ILS TRAINENT TOUT LE TEMPS ENSEMBLE.
Tu renonce et t’attends. Arrive enfin tes 18 ans (t’as déjà eu des rapports mais tu ferme ta gueule) et ta mère se décide enfin à t’amener chez le gynéco (j’vous passe les détails de la visite, ça mériterait un article entier à lui tout seul ce passage) et t’as enfin la précieuse.
FINI LA DOULEUR ET LES INCONVENIENTS.
OU PRESQUE.
Au moins tu peux programmer quand tu vas un peu souffrir. Et quand ton mec ne voudra pas te voir parce que tu es impraticable. Pratique la pilule. Mais du coup, il apparait d’autres symptômes. Fille comme mec, tu vois très bien de quoi je parle (chacun avec sa perception) : les syndrômes pré-menstruels.
1. La faim
Tu bouffe tout et tout le temps. Sucré, salé, périmé ou pas, tout y passe. Toute la journée. Et tu te déteste. Déjà que tu sais que d’ici quelques jours tu vas être ballonée, mais tu t’empiffres quand même, c’est plus fort que toi. Tu ne résistes à RIEN.
2. L’hyper-émotivité
Certains d’entres vous, notamment ceux affublés d’un pénis, appellent cela : « période où ma chérie est insupportable au point d’être à deux doigts de l’étouffer avec sa boîte de Tampax ».
3. Les seins qui gonflent
Et qui font mal. Si t’as la chance d’avoir une poitrine « normale », c’est généralement un fait qui efface le côté hyper-émotif auprès de ton homme, bien trop content d’avoir une poitrine mieux fournie que d’habitude et une chérie ravie de se faire masser ces organes douloureux.
Ah les joies de la nature ! N’oublions pas que tout ce processus douloureux, contraignant, emmerdant, insupportable etc… est destiné à enfanter, mesdames et mesdemoiselles. N’est-ce pas merveilleux ?
…
…
…
EVIDEMMENT QUE NON.
Se préparer pendant 45 ans, tous les mois (soit 540 fois, j’ai compté) à avoir des mioches que si ça se trouve tu n’auras jamais, c’est n’importe quoi.
VA CHIER DAME NATURE.
Et vivement la ménopause.
Ne sois pas égoïste et partage mon talent !
