Mon cher cœur qui se cache profondément sous ma poitrine. Pourquoi me fais-tu cela ? Pourquoi maintenant ? Vois-tu, je sais que je t’ai dénigré pendant des années, que j’ai crié que tu n’existais pas ou qu’au mieux, tu ne servais à rien. Evidemment, je ne te parle pas à toi, cœur anatomique, mais je m’adresse à toi petit coeur métaphorique. Oui, toi qui, contrairement à l’anatomique, empêche bien souvent de respirer, prends la vie en quelques secondes, fait atrocement souffrir parfois et te meurt dans une plainte lancinante et infinie.
Je t’ai diffamé pendant des années, rit au nez de ceux qui m’argumentaient ton existence et vanté de t’avoir tellement enfouie sous le béton, la glace et le granit que jamais tu n’en sortirais. Mais voilà petit cœur tout mou, tu as aujourd’hui implosé et le poison s’est écoulé de tes artères. Pourquoi as-tu permis cela ? Quelle est la raison qui t’as poussé à te taire tant d’années, à me faire croire que je n’étais qu’un monstre d’égoïsme et de froideur ? Je n’ai pas l’habitude, je n’ai jamais connu la douleur fictive, je n’ai jamais éprouvé le besoin de faire plaisir ni de rendre service, pourquoi as-tu changé petit cœur ? J’avais toute confiance en toi, je croyais en ton gilet pare-émotion et je me pensais protégé de tout sentiments qui finissent toujours par engendrer la souffrance. Tu as rompu avec moi mon cœur, tu es partie, tu t’es enfui de ta cloche protectrice, tu m’as rendu vulnérable et totalement perdue. Je pleure des larmes de sang chaque nuit, le comprends-tu ? Ma respiration se saccade et je panique car je ne saisis pas le sens de ce qui m’arrive. J’ai mal petit cœur alors arrête-toi, je t’en prie. Retourne dans ta prison de malheur et reposes-y pour l’éternité. Mon cœur je t’en supplie, stoppe cette torture qu’on appelle, sentiment, émotion, trouble ou je ne sais quel nom à la con encore. Je t’ai toujours contrôlé, j’en avais même oublié ta foutue existence mais qu’est-ce qui t’as pris ? Cher cœur, tu m’as frappé de plein fouet, tu m’as touché, blessé, et maintenant je vomis du sang. Retourne d’où tu viens, ne m’oblige pas à reprendre le contrôle, non ne m’oblige pas à redevenir une putain sans âme mais par pitié ne fait pas de moi ton esclave, ta marionnette. Je ne suis tributaire que de moi-même mon cœur et ne m’oblige pas à choisir une voie de souffrance pavée de regrets.
Accepte mes supplications distinguées.
Ne sois pas égoïste et partage mon talent !
