Ce n’est pas sans dissimuler mon excitation que je me rends ce 15 juin dans une salle dont je connais les moindres recoins maintenant : la Rockhal. Située dans le Grand Duché du Luxembourg, qui aurait cru qu’elle accueillerait un groupe aussi mythique que Bad Religion ?
Donc ce soir est un grand soir pour moi et quelques milliers de punk de tout âge. Oui, parce qu’en 30 ans de carrière, Bad Religion a eu le temps de cueillir des fans au fur et à mesure du temps et donc au fil des âges. L’ambiance est donc bien particulière ce soir là, entre vieux punk rockeur adepte des premières notes du groupe, grattées sur une guitare à une époque où je n’étais même pas née, aux plus jeunes fans venus pour pogoter en chantant des hymnes cultes.
Une première partie se met en place, Drop Jaw. Je me surprends à bouger, à aimer. Il est rare que des premières parties me rendent l’attente agréable mais là, c’est clairement le cas. J’apprécie et ne vois pas le temps s’écouler avant l’entrée en scène du légendaire Greg Graffin et ses acolytes. La folie s’empare de la salle, l’accueil est tonitruant. Il apparaît clairement que Bad Religion était attendu comme le Messie, pardonnez le jeu de mot, par ses fans luxembourgeois et français.
Leurs meilleurs titres s’enchaîneront à une vitesse insensée, peu de temps mort pour respirer et personne ne va s’en plaindre. En 30 ans de carrière, les titres aimés ne manquent pas et le groupe pioche dans tous les albums histoire de satisfaire les fans de la première heure comme la jeunesse.
Le peu de pause permettra au chanteur de sensibiliser le public sur les problèmes actuels, de nous remercier d’être présents, d’effectuer un sondage pour
voir combien de personne les vois pour la première fois (les centaines de main levées prouvent leur présence limitée en Europe). Pendant ce temps, le bassiste, Jay Bentley, à milles lieux du sérieux de Greg, ne s’arrêtera pas de plaisanter et de dire des phrases sans queues ni têtes entrainant le public dans son délire. Du pur bonheur.
« Come join us » sera même improvisée à la demande d’un fan. La foule en délire pogote dans tous les sens et je suis contente que mes frêles épaules ne se retrouvent pas en pleins milieu de cette folie. La très célèbre et toujours d’actualité « American Jesus » clôturera ce concert dans un mélange de sueur, revendication, cris et sauts en tout genre. Je suis lessivée, comme tout le monde autour mais le public scande « Bad Religion ». Tant d’années à les attendre, il est hors de question de les laisser partir si facilement.
Les papys du punk entrent sur scène sur la très dynamique et entraînante « Punk Rock Song ». Evidemment, toutes les générations chantent et les plus jeunes y vont de leurs coups d’épaule. La folie regagne doucement le terrain et la salle est une véritable bouilloire prête à exploser. « 21st Century Digital Boy » ne calmera pas les esprits alors que l’ultime titre « Sorrow » apaisera enfin tout ce trouble pour diffuser un refrain mélodique auprès d’un public conquis, sur les rotules mais qui reviendra sans aucun doute accueillir ces dieux du punk à leur prochain passage.
Qui a dit que le punk rock était mort ?
Ne sois pas égoïste et partage mon talent !