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Parce qu’ils partent toujours…

12 avril 2010

Comme un effet de vide, un état de manque, une nostalgie persistante et une mélancolie qui colle à la peau. Voilà comment je me sens en ce moment. Plus je suis entourée et plus je me sens seule. Les gens qui gravitent autour de moi m’aiment mais est-ce que moi je les aime aussi ? Je me demande seulement si j’en suis capable parfois. Un jour, une personne voulant fortement me blesser m’a dit « Tout le gens autour de toi finissent par te fuir, même ta propre famille t’abandonnes, tu devrais te poser des questions ».

C’est ce que j’ai fais, j’ai remué le problème dans tous les sens, je l’ai étudié sous tous les angles et je n’ai jamais eu la réponse à la question « est-ce ma faute ? ».

Je n’ai jamais été très émotive, ni vraiment sentimentale. J’ai même envie de dire que je ne suis pas du tout sensible aux autres. Je parais forte et je le suis certainement, je suis contente de ne pas faire fi des autres, de ne pas me laisser ralentir par mon entourage et de n’en faire qu’à ma tête sans me soucier une seule seconde de perdre ou non ceux qui se prétendent mes proches. Pourquoi ? La question est là, d’où me vient ce je m’en foutisme ? Cette loi qui fait que je ne m’attache à rien, ni à personne ?

La réponse était là, sous mon nez, pendant toutes ces années et pourtant, je ne viens de la voir que maintenant. Comme un moment de lucidité, cela m’a frappé le cerveau et l’évidence s’est imposée d’elle-même. Des tas de souvenirs douloureux sont remontés à la surface, les larmes ont roulées sur mes joues pendant des heures mais la vérité est enfin apparue.

Les gens m’abandonnent toujours.

Tout a commencé, dès mon plus jeune âge. Les souvenirs sont flous mais la douleur est intacte. Mon grand père paternel, sans vraiment d’explication, nous a laissé. Ma grand-mère, mon père (son propre fils, merde) et moi. Il est tout simplement parti à l’autre bout de la France. Sans remords, sans se retourner, sans même vraiment dire au revoir. Alors que, quelques mois (peut être années) plus tard, mon père et moi partons en vacances dans le Sud de la France, nous décidons de lui rendre une visite. Voir ce qu’il est devenu, connaître sa nouvelle vie. Je ne me souviens plus vraiment de ce moment… Il parait que c’est mieux ainsi. Ce que je sais, c’est que depuis, plus l’ombre d’une nouvelle. Aujourd’hui, je ne sais pas s’il est mort ou vivant, heureux ou malheureux ou tout simplement s’il lui arrive encore de penser à moi et à ces moments où il s’installait sur la moquette du salon pour jouer avec moi. Ca me ronge et ça me tue. Ca me hantera jusqu’à la fin de mes jours mais j’apprends tous les jours à vivre avec.

L’histoire aurait pu s’arrêter là mais, quelques années plus tard, le schéma se répète. Ma grand-mère, maternelle cette fois, divorcée depuis un moment de mon grand père et remarié avec un homme extraordinaire, nous quitte. Du jour au lendemain, elle déclare qu’elle n’a plus de famille et s’en va, à l’autre bout de la France aussi. Elle ne donne et ne prends aucune nouvelle. Aujourd’hui, je me demande si elle est morte ou vivante,  heureuse ou malheureuse ou s’il lui arrive de penser à moi. Si les souvenirs des étés passés avec elle, à visiter des lieux historiques lui reviennent en mémoire et que je lui manque.

Le schéma ne s’est plus répété depuis. Seule la mort m’a enlevé des êtres chers mais, même si cela peut vous paraître dur, eux au moins, ne sont pas partis de leur plein gré. Ils ne m’ont pas complètement lâché, ignorant mon existence et crachant sur tous les moments de bonheur passés auprès de l’enfant que j’étais. L’enfant trop jeune pour crier sa colère, trop jeune pour qu’on lui explique les raisons de cet abandon.

Je ne pourrais jamais le faire.

Alors aujourd’hui je l’écris ici. D’une part, pour moi, pour encrer ma peine sur du papier et ne plus l’avoir encré en moi. Pour vous, d’autre part, pour que vous arrêtiez de vouloir me changer et de croire que mon comportement n’a rien d’humain. Non je ne m’attache pas, toi qui lis ces lignes, si demain tu ne me donnes plus de signe de vie, je m’en remettrais sans trop de peine.

Trouvez moi horrible, sans cœur, de glace, qualifiez moi de monstre, cela m’est égal. Quand toute petite, les personnes ayant le même sang que vous, la même chair, vous laisse comme si vous n’étiez rien, vous abandonne sans aucun regrets ni remords, qu’attendre de parfaits inconnus ?

Ne sois pas égoïste et partage mon talent !


  • http://www.desenquisse.com Paul de Senquisse

    J’aime quand tu écris des articles gais…

    Plus sérieusement, c’est carrément triste que ça t’affecte comme ça. Vois le peut être différemment : Maxime le Forestier chantait « on choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille ». Contrairement aux liens créés avec de « parfaits inconnus » (collègues, amis, amants), nos relations sociales avec les personnes qui ont « le même sang que vous, la même chair » dans un sens elles sont « imposées ». Des amis se « trouvent » mutuellement, mais à part ce lien du sang, il n’y a peut être que des affinités à sens unique.

    Exemple : j’apprécie l’une de mes deux cousines, ou l’une de mes deux tantes, mais je n’ai absolument *aucune* affinité réelle avec elles. Et ne serait absolument pas affecté plus que cela si elles disparaissaient de ma vie. En revanche, je serais très triste de te perdre ou de perdre l’un des dinos. Parce que ce sont des relations délibérées et – je l’espère – mutuellement choisies.

  • badprocess

    Hey princesse !

    Je ne te donnerai aucun conseil ni ne te ferais la morale mais bon sang, « horrible, sans cœur, de glace » alors que tu viens de te livrer sans tabous ? Tu « t’entend » coucher ta peine sur ton blog comme tu viens de le faire ? C’est au contraire à mes yeux un acte d’un courage et une profonde reconnaissance pour toi même et tes sentiments.

    La vie est faite ainsi je pense, avec des haut et des bas, je le sais, je viens d’en faire un de grand bon vers le fond du gouffre dernièrement, tu es même au courant… Et tu veux que je te dise ? Et bien t’es une des première personne à qui j’en ai parlé, pourquoi ? Tout simplement parceque et bien oui, je l’avoue, pour moi, même si on ne se connais pas IRL, juste sur Twitter, et bien ta personnalité, du moins ce que j’ai pu en découvrir, m’a touché. Je trouve qu’il y a quelque chose de très beau en toi, je ne sais pas (encore ?) exactement quoi, mais cela mérite bien que tu relève la tête et que tu fasse table rase du passé, comme je m’efforce de le faire en ce moment (toujours avec ces hauts et ces bas…).

    Alors oui, la famille est bien souvent ce qui nous reste comme derniers remparts fasse à la vie, mais ce n’est pas la panacé, et surtout on ne peux pas tout gérer et s’entendre avec tout le monde, se sont tout de même des personnes « imposées » à la base. Maintenant, les amis sont également là pour toi, du moins je suis sûr qu’avec tes qualités c’est le cas, et eux au moins TU les a choisit. En plus, d’un sens, ton expérience familliale douloureuse te renforce quelque part, d’ailleurs, un de mes dicton favoris est bel et bien « Ce qui ne vous tue pas, vous rend plus fort », je pense qu’il résume parfaitement la situation que tu vis, et moi aussi d’ailleurs…

    Allez princesse, relève la tête, c’est terrible mais c’est comme ca, tu as toute ta vie devant toi, just have fun ! :)

    PS: Et surtout, arrête de penser que tu fait fuir tout le monde, tout simplement parceque techniquement, ce n’est pas possible, il y a forcément des gens quelque part, que tu va rencontré, qui t’apprécie pour ce que t’es et c’est tout !

    PS2: A merde… Je t’ai donné un conseil, j’ai faillis à ma tâche ! ;)

  • oObubulle

    Que rajouter?!

    Rien, tout es dis. Pour ma part de toutes façon je pense qu’on finis toujours seul, c’est la vie c’est ainsi, alors pourquoi s’attacher aux gens, pourquoi forcer les liens.

    Merci pour cet article

  • http://www.welovegeeks.be Olivier

    Personnellement, je pense qu’on peut difficilement dire aux gens comment réagir face à des choses traumatisantes qu’ils ont vécu. On peut leur faire voir la façon dont il serait préférable de prendre les choses sauf que… beaucoup de choses entrent en ligne de compte dans ce genre de situation : la personnalité de la personne, les relations qu’elles avait avec les gens qui l’ont laissée, ce qui a pu se passer par la suite…

    La vie n’est clairement pas un long fleuve tranquille, je pense que tout le monde est bien d’accord là-dessus. C’est pourquoi, il vaut mieux se contenter d’écouter plutôt que de donner des solutions, même si elles partent d’un bon sentiment. Ecouter, c’est la porte ouverte à la communication, ce dont tu as le plus besoin visiblement.

    C’est pourquoi, je me contenterai de te souhaiter bon courage et de te dire que le fait que tu te poses des questions sur ta façon d’être avec les autres est juste la preuve dont tu as besoin pour te rendre compte que tu n’es pas aussi insensible que tu crois l’être. Après tout, si c’était le cas, tu ne te poserais pas de question : tu suivrais ton chemin en balayant tous ces sentiments d’un revers de la main.